Them crooked vultures, des charognards en vadrouille

22 12 2009

Them crooked vultures est certainement l’événement rock de cette fin d’année. Composé de John Paul Jones, Dave Grohl et de Josh Homme, excusez du peu, ce supergroupe débarque comme un boulet de canon. Trois monstres sacrés du rock pour une association étonnante et détonnante.

Monsieur Jones est une vrai légende vivante, il a sévi de 1968 à 1980 avec Led Zeppelin, LA légende rock, le groupe qui a ouvert la route aux Deep Purple, Rolling Stones et j’en passe. Si vous n’avez jamais écouté, je vous recommande au moins l’écoute de quelques titres comme “Good times bad times”, “Whole lotta love”, “Ramble on” ou encore “Immigrant song”. On pourrait citer bien d’autres tubes planants à souhait, bref vous comprendrez que j’aime Led Zep, que je les adule et la présence de ce musicien hors pair est à elle seule un gage de qualité.

Dave Grohl quand à lui a été l’idole d’une génération, parfois même sans qu’elle le sache. Il fut en effet batteur de Nirvana de 1990 à 1994, le groupe grunge créé par Kurt Cobain en 1987. Il en sera le dernier batteur avant la mort de Cobain. Il passera ensuite sur le devant de la scène en créant le groupe Foo Fighters, qui lui aussi a marqué son époque avec des titre comme “Monkey wrench”, My hero” ou le plus sentimentalo-mélodique “The best of you”. Bref un artiste complet doublé d’un des meilleurs batteur de sa génération.

Finissons les présentations par Josh Homme. Acteur majeur de la scène rock US depuis longtemps déjà, il a commencé par créer le stoner avec le groupe Kyuss, groupe mythique qui doit une partie de son succès à Dave Grohl, ami de J. Homme, pour son aide médiatique. Il va ensuite créer Queens of the stone age en 1996, il devient le leader charismatique de ce groupe qui va cartonner partout dans le monde. L’album “Songs for the deaf” est pour moi le meilleur album de ce groupe, il regroupe des perles telles “Go with the flow”, “Millionaire” ou “No one knows”. Ce génial guitariste, chanteur, batteur, producteur est l’un des artistes les plus productifs de son époque.

Quelle affiche mes amis! Sur le papier, Them crooked vultures présente comme un bulldozer de la musique, une machine à succès. Mais qu’en est-il vraiment? Revenons au printemps 2009, cela fait plusieurs semaines que des rumeurs traversent la toiles, le projet commence à faire parler de lui, mais rien ne filtre. Ce n’est qu’en août que Them crooked vultures est dévoilé en Europe dans quelques festivals dont Rock en Seine. Pour l’anecdote, ils étaient programmés avec pour nom “les petits pois”. Les enregistrements vidéos de qualités douteuses se retrouvent rapidement sur les sites intéressés. On devine des riffs cinglants, une patte Led Zeppoqueens of the stonienne. Tout pour m’emmener au nirvana de la musique. Mais rien n’est encore sûr, j’attends avec impatience et fébrilité la sortie de l’album, le 17 novembre, nous y sommes, l’album est en vente chez tous les bons disquaires.

La première écoute est une gifle, on ne comprend pas tout, la musique est dense, torturée. Mais une impression de puissance extraordinaire s’en dégage. Dave Grohl est toujours à son top à la batterie, fils spirituel du regretté John Bonham, batteur de Led Zeppelin, mort en 1980. Les arrangements, le clavier et la basse sont de John Paul Jones ça saute aux oreilles. On sent aussi la créativité de Josh Homme, sa voix et ses riffs particuliers. On écoute, on ré-écoute, encore et encore, puis sans crier gare on se retrouve à écouter Led Zeppelin et Queens of the stone age à haute dose. On revient ensuite sur Them crooked vultures et à ce moment, la magie opère… c’est encore meilleur. Ces vautours sont extraordinaires, on sent le plaisir de jouer ensemble, la créativité et la sauce prend à chaque note. A la fin on ne peut dire qu’une chose, donnez-moi du live!! Je veux voir ces gens jouer, c’est indispensable. Tout comme les groupes dont ils sont issus, on sent le groupe bête de scène et rien que pour poser les yeux sur des légendes de la musique ça vaut le coup. En live Them crooked vultures est rejoint par un quatrième laron, Alain Johannes, ce qui permettra à John Paul de ne pas avoir à se dédoubler.

Tout l’album est excellent, les compos du début “Mind eraser no chaser”, “New fangs” et “No one loves me neither do I” sont là pour annoncer la couleur, c’est compact et rythmé. Mais les titres suivant sont pour certains stratosphériques, “Elephants” vous retournera par des changements de rythme à couper le souffle, “Scumbag blues” vous rappellera du Led Zep à coup sur et “Spinning in daffodils” la dernière piste vous mettra une claque monumentale, un point final lourd et sculpté dans le titane. Après une légère intro piano, vous reviendrez à la dure réalité du rock et vous vous inclinerez devant ces artistes incroyables. Cet album est une pièce majeur de 2009 mais aussi de la musique tout court. Trois monstres musicaux qui jouent ensembles comme des vautours qui s’attablent autour d’un cadavre tout frais.

Bertrand





Metallica, aimanté au succès?

7 10 2008

On l’attendait depuis un certains temps et le voici enfin tout droit sorti des presses, le nouvel album du groupe mythique Metallica, j’ai nommé “Death Magnetic”. Beacoup de fans et de moins fans étaient sceptiques face à la poursuite de carrière de ce groupe au vu des nombreuses difficultés rencontrées lors de l’enregistrement du précédent album “St Anger” . Album nettement en dessous au niveau musical et inspiration par rapport à un “…And Justice For All” par exemple.

Avant la sortie de cet album (2003), le bassiste Jason Newsted quitte le groupe, pour raison de santé (version officielle), c’est le producteur qui assure les parties de basse sur “St Anger” qui est un bébé qui a mis 6 ans à sortir. Lors de l’enregistrement de cet album, le groupe en pleine crise, a même suivi une thérapie pour ne pas exploser suite à différents problèmes d’alcool, de drogue et de prise de grosse tête des différents membres du groupe. L’album est surtout marqué par une batterie nettement en dessous, la fin de Lars Ulrich? Notons que le nouveau bassiste de Metallica n’est autre que Robert Trujillo, ancien du groupe de Ozzy Osbourn, qui a rejoint le groupe en 2003.

J’ai eu la chance de voir le show proposé par les “four horsemen” au Pinkpop 2008 en Hollande, une bonne préparation à la sortie de ce nouvel opus. Un pur bonheur, un revival de tous les tubes du groupe en passant pas “Seek and Destroy”, “Enter Sandman”, “Ride the lightning”, “One” ou encore “Nothing Else Matters”. Bref un concert bien goûtu qui donne la chaire de poule surtout quand on a jamais vu les zikos à l’oeuvre. C’est bien rassuré que j’ai alors attendu la sortie de cet album.

Mon premier contact avec ce nouvel opus fut le visionnage du clip du premier single “The day that never comes”. Un clip presque pro-bushiste si on s’en tient juste aux images, Metallica ne fait toujours pas dans le clip de qualité selon moi… bref. La chanson par elle même est assez molle, à la première écoute en tous cas. Cela peut éventuellement rappeler “One” mais en moins accompli. C’est refroidi que je décide tout de même d’écouter le reste de l’album. Et là ça rassure quelque peu. Les trois premiers titres sont à la hauteur, péchus, bien arrangés et avec un bon son trash métal (“That was just your life”, “The end of the line” et “Broken, Beat & Scarred”). Les paroles de “Broken, Beat & Scarred” reflètent assez bien l’évolution du groupe au cours des années, une montée au zénith de la musique, une descente aux enfers et une remontée vers la lumière. Le quatrième titre, le fameux “The day that never comes” arrive et là miracle, la chanson est bien meilleure sans les images!

Le reste de l’album est très bon également, le groupe a su se retourner, faire face et évoluer près de 20 années après leurs plus gros succès et le chef d’oeuvre “Master of Puppets”. Je trouve la batterie un peu en dessous tout de même, Lars Ulrich perd de sa superbe ou je suis trop critique et attends trop de ce membre fondateur du groupe, allez savoir. James Hetfield n’a plus la voix de ses 20 ans mais il a de bon restes le bougre, surtout que sa voix a pris un tournant intéressant, plus contrastée et profonde. Robert Trujillo et Kirk Hammet sont eux irréprochables, en live comme sur cd, une pêche incomparable et une “lead guitar” avec des solos de qualité comme d’habitude.

En conclusion, vivement la suite, un nouveau concert des papys du trash et un autre album qui sera espérons le encore supérieur à celui-ci! Mais gageons que Metallica a encore de beau jour devant lui, parole de fan.

Bertrand








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